Mon jardin

Aménager un espace

L’aménagement d’un jardin ne doit plus tenir seulement aux choix subjectifs du jardinier. Savoir planter un arbuste, semer des fleurs ou des plantes potagères, mettre en place une allée ou installer un grillage relève de pratiques enseignées de longue date et relativement maîtrisées. Toutefois, ces pratiques relèvent plutôt de la juxtaposition de composantes paysagères que d’une véritable conception environnementale. Même si le jardinage restera toujours une appropriation « artificielle » de ce que la nature nous offre, il est tout à fait possible de se rapprocher de ce qu'elle fait de mieux : l'équilibre.

Comprendre et transposer les multiples interactions qui régissent notre environnement constitue les principaux enjeux du jardinage de demain. Une fois rassuré sur ses attentes majeures, comme une meilleure floraison et fructification, le jardinier découvrira que cette prise en compte de la biodiversité lui apportera des réponses sur de nombreux autres domaines fondamentaux, comme la limitation des nuisibles et maladies, les économies d'arrosage, l'enrichissement des sols, une meilleure pollinisation...

Ainsi, quels sont les aménagements en faveur de la biodiversité ?

Implanter une haie variée : cliquez ici

Créer une mare : cliquez ici

Laisser un coin sauvage : cliquez ici

 


feuille rose   IMPLANTER UNE HAIE VARIEE

Comme le suggère l’étymologie du mot jardin (gardinium=jardin enclos), l’aménagement commence souvent par la pose d’une clôture et la plantation d’une haie.

La clôture, qu’elle soit en grillage, en parpaing, en panneaux de bois, est souvent un grand obstacle à la visite d'animaux et en particulier les prédateurs, aides du jardinier. Ainsi, le hérisson, par exemple, rencontre les plus grandes difficultés à franchir ces obstacles. Il est pourtant très simple de prévoir à la pose de cette clôture de petits passages adaptés à nos amis visiteurs.

Quant à la haie qui s’adosse à cette séparation, elle est souvent composée de végétaux persistants à pousse rapide, mono-spécifiques, choisis uniquement pour leur capacité à nous cacher des voisins. Pourtant ce choix d’uniformité dans les espèces choisies a montré depuis quelques années ses limites. Le Thuya et le Cyprès de Leyland ont fait la joie des jardineries et des pépiniéristes mais aussi celle des buprestes, de magnifiques insectes coléoptères au demeurant, qui ont vu leur repas favori bien aligné dans un très grand nombre de jardins. Depuis, ils ont été remplacés par le Photinia qui connaîtra sans nul doute le même sort avec le champignon Entomosporium maculatum.

Ainsi, il est plutôt préférable de varier les espèces d'arbustes. Cette diversité sera bénéfique à bien des niveaux :

fleche rose lien  Les nuisibles et les maladies étant souvent spécifiques à une espèce, ne s’attaqueront pas à la haie complète.

fleche rose lien  Etalement des floraisons sur toute l’année (exemple : forsythia en mars, lilas en mai, hibiscus althéa en juillet, abélia en octobre, hamamélis en janvier etc.).

fleche rose lien  Refuge, hébergement et garde-manger pour de nombreuses espèces animales et en particulier les oiseaux. On peut donc plutôt se diriger vers les espèces suivantes : l’Amélanchier, l’Aronie noire, l’Aubépine, le Berbéris, le Cornouiller, le Cotonéaster, le Framboisier, le Groseillier à fleurs, le Houx,  le Merisier, le Noisetier,  le Pommier d’ornement, le Prunellier, la Ronce, le Sorbier, le Sureau, la Viorne etc.

Quoi qu’il en soit, il faut privilégier les espèces locales, adaptées au terroir. Adressez-vous aux pépinières près de chez vous plutôt que sur internet…

 


feuille rose   CRÉER UNE MARE

Source de vie, l’eau est un élément primordial. Certes, elle nous permet d’arroser nos végétaux d’ornement et nos cultures mais elle est aussi indispensable aux animaux qui fréquentent vos jardins. 

Mettre en place une mare permet à certains (oiseaux, mammifères) de s'abreuver mais aussi à d'autres (insectes, amphibiens) de procéder à leur cycle de vie et de se nourrir. Ainsi les prédateurs comme la libellule, le dytique mais aussi le crapaud, la grenouille, la salamandre et le triton, contribueront à limiter la propagation de certains insectes herbivores ou parasites, ainsi que des gastéropodes (limaces) s’attardant un peu trop sur vos fleurs et cultures.

Encore faut-il que cette mare ou bassin ne soit pas trop artificiel quant aux matériaux utilisés et aux végétaux plantés. Il ne s’agit pas là non plus de choisir des plantes aquatiques du bout du monde ne s’adaptant pas à nos climats et ne correspondant pas aux attentes de nos animaux locaux.

 


feuille rose   LAISSER UN COIN "SAUVAGE"

Mais pour que la biodiversité puisse être préservée, on pourrait aussi concevoir des espaces plus « sauvages » où la main du jardinier serait un peu plus douce et légère. Ce petit coin de nature, à l’image d’une mini forêt, permettrait l’observation et la découverte d’une multitude d’habitants beaucoup moins connus que la coccinelle ou le hérisson, mais dont leur présence est tout aussi importante.

Les plantes sauvages, vivaces ou annuelles, plus communément appelées "mauvaises herbes", sont la base essentielle d'une chaîne alimentaire souvent méconnue. Ces végétaux, considérés comme inutiles, sont pourtant une riche source d'alimentation pour de nombreux animaux.

Pour que les jardiniers puissent observer de magnifiques papillons colorés, symboles du retour du printemps, il a fallu que ces derniers puissent pondre sur leurs plantes hôtes favorites. C’est ainsi que les chenilles du paon de jour, du vulcain et de la petite tortue ne s’alimentent que d’orties, que les chenilles du citron ne "boulotent" que la bourdaine et que les chenilles de l’amaryllis et du demi-deuil ne s’extasient que devant une bonne graminée.

Par ailleurs, ces plantes sauvages, très riches en pollen et nectar, attirent toute une armada d'insectes pollinisateurs, qui ne bouderont pas l’idée de butiner aussi les fleurs de vos arbres fruitiers et de vos légumes.