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Jardin Familial de France n°451 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
couv451.jpg Chers amis jardiniers

La santé de notre planète intéresse de plus en plus les Français et les jardiniers de nos associations. La prise de conscience a été rapide, je le constate à l’occasion de mes visites dans les différentes régions de France. Je vois de plus en plus de jardiniers qui économisent l’eau, qui compostent les déchets de leur jardin, qui sèment des engrais verts... Les plus réactifs ont été les jardinières : peut-être sont-elles plus soucieuses de la santé de leurs enfants et sont-elles plus conscientes du risque que l’utilisation des produits phytosanitaires leur fait courir.

Ce constat est confirmé par une enquête réalisée par l’IFOP pour le compte du MDRGF* en septembre 2008 auprès d’un échantillon représentatif de 1006 personnes âgées de 15 ans et plus.

En cette période de fêtes de Noël, je ne peux oublier que 1,16 milliards d’hommes, femmes et enfants souffrent de la faim à cause de la crise et de la spéculation sur les denrées alimentaires. Il y en a près de nous. Je vous invite à ne pas les oublier. Nos associations sont des lieux de solidarité.

80 % des Français (85 % des femmes et 77 % des hommes) sont inquiets de la présence de pesticides dans les produits alimentaires. L’inquiétude s’accroit avec l’âge, les moins inquiets étant les 15 - 24 ans (53 %)

95 % pensent qu’il est important que les agriculteurs diminuent l’usage des pesticides de 50 % dans les 10 ans comme cela a été proposé dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.

80 % des Français sont favorables à l’interdiction des pulvérisations de pesticides dans les lieux publics tels que les parcs et jardins, voiries, écoles...Ces quelques chiffres sont clairs, les Français ont massivement compris la nécessité de changer nos pratiques agricoles. Les jardiniers que nous sommes sont directement concernés car nous savons que les jardiniers amateurs utilisent souvent des doses excessives de produits phytosanitaires (5 à 10 fois plus que les doses prescrites). Cela nous a été démontré lors du congrès de Dijon. Dans nos jardins familiaux nous pouvons réagir collectivement, vite et efficacement. En respectant la Charte Jardinage et Environnement dont nous nous sommes dotés en décembre 2007 et en appliquant les conseils qui sont donnés dans cette revue, nous pouvons rapidement inverser cette tendance et devenir des modèles pour les 20 millions de jardiniers amateurs que compte la France. Je sais que vous êtes capables de relever ce défi pour montrer le chemin aux autres jardiniers amateurs et aux agriculteurs. 

Si nous sommes capables de faire cela, nous en serons récompensés directement en disposant de fruits et légumes sains et de qualité et indirectement aussi en suscitant l’intérêt des collectivités locales dont nous dépendons pour le développement des jardins familiaux. Cette prise de conscience est essentielle, voire capitale à une époque où le besoin et la demande de jardins ne cessent d’augmenter en réponse à la hausse des prix des fruits et légumes.

Hervé Bonnavaud

 

* Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures