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Jardin Familial de France n°467 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

couv467.jpgChers amis jardiniers,

Au moment où j’écris ces lignes nous sommes à la fin du mois de juin et nous venons de revivre par médias interposés la vie et l’oeuvre du grand artiste que fut Coluche, fauché prématurément par la mort le 19 juin 1986.
J’ai choisi de lui consacrer quelques lignes,  car ses excès de langage, ses grossièretés, ses clowneries avec son nez rouge masquaient un grand coeur et visaient à réveiller les citoyens, à leur faire prendre conscience d’un certain nombre de problèmes de notre société. Nous nous souvenons tous de ses sketches sur les lessives pour attirer l’attention des consommateurs sur les abus de la publicité, mais vous souvenez-vous de ses attaques, souvent au second degré contre le racisme, ce chancre de toutes les sociétés humaines ? Le racisme n’épargne malheureusement pas nos jardins familiaux et nous devons y être très vigilants pour tenter de l’éradiquer de notre mouvement où devrait régner la solidarité entre tous les membres, quelle que fût leur couleur, leur origine ou leur religion.


Coluche a également bien compris la grande misère de certains de nos concitoyens que les revenus insuffisants ou l’absence totale de revenu condamnait à mourir de faim pendant les mois les plus rudes ou à ne pas manger à leur faim, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour des enfants en pleine croissance.
Ses Restos du Coeur ont été une idée géniale et lui ont survécu. Vingt-cinq ans après sa mort, ils sont toujours d’actualité : le nombre de personnes mal nourries n’a pas régressé, bien au contraire. Récupérer les excédents, les invendus de notre société de consommation était une idée géniale, de nature écologique, une forme de lutte contre le gaspillage et de recyclage du produit du travail de l’agriculture, de l’industrie agro-alimentaire et des maraîchers dont nous sommes les proches voisins.


Beaucoup d’associations de jardins familiaux cultivent collectivement une parcelle dédiée aux Restos du Coeur ou à la Banque Alimentaire ou, plus fréquemment, collectent les surplus de production potagère pour les leur donner.
Ces associations et ces jardiniers sont les dignes successeurs de Michel Coluche et des principes qui ont prévalus à la création, en 1896, des Jardins Ouvriers de l’abbé Jules Lemire.
J’espère que l’été aura été bon pour vous et qu’il vous aura permis de faire des heureux autour de vous avec le produit de vos récoltes.

5 citations de Coluche qui illustrent un peu ce personnage hors du commun :
Je pense que les pauvres sont indispensables à la société, à condition de le rester
Le travail est bien une maladie puisqu’il y a une médecine du travail.
Je suis capable du meilleur comme du pire, mais dans le pire c’est moi le meilleur.
Les sondages c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent.
Je ne suis pas un nouveau riche, je suis un ancien pauvre.
Les artichauts, c'est un vrai plat de pauvres. C'est le seul plat que quand t'as fini de manger, t'en as plus dans ton assiette que quand tu as commencé !


Hervé Bonnavaud
Président de la FNJFC