Magazine Jardin Familial de France

janvier-février 2017

Jardin Familial N°499

Chères Jardinières, chers Jardiniers,

2016 s’en va avec toutes nos réussites et nos échecs, nos certitudes et nos désillusions.

Oui, l’année 2016 fut, pour beaucoup d’entre nous, rude, active, avec une confrontation au réel difficile …

Même au niveau des jardins, nous ne fûmes pas aidés par le temps, trop pluvieux au printemps, trop sec en été et en automne, les récoltes furent gâtées, puis trop maigres … au revoir donc, 2016…

Bonjour 2017 ! Nous ne voulons pas tarder plus longtemps pour vous présenter les meilleurs vœux de votre Fédération pour cette année nouvelle. Que 2017 vous apporte à vous-même et à vos familles la prospérité dans vos jardins, le calme et la sérénité pour y bien travailler, l’amitié et le partage avec les autres jardiniers de votre site…

Oui, pour nous, membres de la Fédé, il est toujours temps de planter, d’unir, d’édifier, de réaliser un travail positif pour notre groupe de jardins, pour nos voisins, pour la cité que nous habitons. Ce sont les valeurs que nous partageons depuis 120 ans. Elles font que votre Fédération est toujours là après tout ce temps ; deux guerres mondiales et je ne sais combien de crises en tout genre n’ont pas entamé notre détermination de rassembler.

Nous croyons toujours à ces valeurs et nous pensons qu’elles sont les bases du « bien-faire » nos jardins. Elles ont aussi pour conséquences le « bien-être » et le « bien-vivre » dans  nos jardins. Bien sûr, cela demande des efforts, du travail, parfois quelques échecs, mais avec cette année nouvelle qui commence, tous les espoirs sont permis. Un jardinier espère toujours voir lever la graine qu’il a semée et voir pousser de beaux légumes sinon il ne le sèmerait pas…

Nous devons travailler sur de nombreux sujets de société : l’environnement, la biodiversité, les changements phytosanitaires, la densité des villes, et sans que ce soit « la tarte à la crème à la mode ».

Il faut le faire en gens sérieux qui bâtissent le futur, en jardiniers qui essaient, tâtonnent et cherchent la meilleure solution pour l’avenir et pour tous.

Le personnel et les administrateurs se joignent à nous  pour vous redire leur attachement à notre mouvement et vous exprimer tous nos vœux de bonheur, de prospérité et de succès pour vous et pour vos familles. Bonne année 2017.

La Comité de Rédaction.

novembre-décembre 2016

Jardin Familial N°498

Chères Jardinières, chers Jardiniers,

120, 100, 90 : trois anniversaires que j’ai eu la chance de célébrer cette année, trois anniversaires qui s’éclairent les uns les autres et renforcent le sens de chacun… 120 ans tout d’abord : c’est l’âge de notre Fédération qui, comme vous le savez, a été créée par l’abbé Lemire en 1896. Son idée était simple et forte : il voulait que “chaque homme puisse cultiver un bout de jardin et profiter d’une cabane avec sa tonnelle”. 120 après, la Fédération est toujours là. Elle regroupe, aide et défend quelques 20 000 jardiniers répartis dans 200 associations et comités locaux ainsi que 3 000 jardiniers répartis sur 70 sites en Île-de-France. Lorsque je regarde le chemin parcouru en 120 ans par tous ces jardiniers et jardinières, ces responsables d’associations qui ont donné de leur compétence, de leur temps, de leur argent, je suis émerveillé.

Ce sentiment d’émerveillement a été renforcé par le Congrès de Vienne qu’organisait l’Office International du Coin de Terre et des Jardins Familiaux, lui aussi fondé par l’abbé Lemire et la Fédération autrichienne (qui fêtait, elle, ses 100 ans d’existence) il y a 90 ans. L’Office International, avec ses 13 fédérations européennes, représente actuellement 2 millions de jardiniers. Elle a eu la joie pour ses 90 ans d’accueillir et de faire entrer une nouvelle fédération, celle du Japon. Ce fut pour moi un moment d’émotion fort lorsque les délégués japonais ont signé leur engagement à nos côtés.

Ces hommes de l’autre bout de la terre ont trouvé, après plusieurs années d’observation, qu’il était important pour eux de rejoindre l’Office, que nos problèmes étaient aussi leurs problèmes, qu’il fallait joindre nos forces pour aborder le monde de demain, qu’ensemble nous étions plus forts malgré les disparités d’organisation de nos jardins, malgré les incompréhensions de langue et de culture, malgré … Oui, tous ces malgré, (et ils sont bien plus nombreux que ceux que je viens de citer) ne les ont pas empêchés de nous rejoindre à l’Office International.

Les 120 ans de notre Fédération, les 100 ans de la Fédération autrichienne et les 90 ans de l’Office International ont traversé deux guerres mondiales, la Guerre Froide et je ne sais combien de catastrophes et de crises économiques. Et elles sont toujours là ! C’est la preuve que l’idée de départ de l’abbé Lemire est toujours valable, qu’elle est partagée, qu’elle a été améliorée et les valeurs que nous y portons sont toujours d’actualité.

Oui, nos jardins familiaux sont une solution possible pour construire demain! Si nous regardons plus loin que notre bêche, nos successeurs ne cèderont pas devant la pression foncière. Nous nous battrons pour que cultiver son jardin ne devienne pas un luxe pour un petit nombre de privilégiés, pour que les légumes qu’ils mangeront ne soient pas produits hors sol dans des caves éclairées artificiellement. Oui, nous devons aussi préparer l’avenir des jardins familiaux et faire des propositions aux hommes politiques, avec l’aide de tous, pour conserver la biodiversité, pour cultiver de façon naturelle, pour sauvegarder la nature.

Il est important que la FNJFC soit encore présente au XXIe siècle pour continuer à défendre les jardins collectifs. Vous-mêmes, mais aussi les bénévoles qui dirigent les associations, devez être conscients d’être les moteurs de ce mouvement. La poursuite de votre engagement auprès de nous est capitale, ne l’oublions pas.

Dominique Péteul – Président de la FNJFC

septembre-octobre 2016

Jardin Familial N°497

Chères Jardinières, chers Jardiniers,

Le 2 juillet dernier, j’étais invité à Sainte-Foy-lès-Lyon pour célébrer les 70 ans de l’association et les 120 ans de la Fédération ; ce fut l’occasion de rencontrer en toute amitié l’association, son Conseil d’Administration élargi et aussi les jardinières et jardiniers et des trois sites visités. Ce fut une belle fête chaleureuse où plus de la moitié des jardiniers étaient présents ; nous y avons signé une convention avec le Centre Social de la ville pour la gestion d’un jardin partagé : une grande parcelle de 340 m² cultivée par trois familles solidairement et en accord avec le Centre Social.

Ce fut l’occasion pour moi de répondre aux questions que se posent les conseils d’administration et les responsables d’association ou de comité local sur la FNJFC suite à notre Assemblée Générale. J’ai pu mesurer combien la sécheresse d’un compte-rendu ne rend ni l’intensité des débats, ni les motivations et explications qui ont conduit à la décision prise.

Oui, la Fédération ne va pas bien, financièrement parlant, et si notre trésorerie nous permet de passer le cap de novembre, nous pourrons rétablir nos finances. Comment en sommes-nous arrivés là ? À la création de notre Fédération, il y eut beaucoup de dons et de legs, la Fédération a pu alors créer de nombreux sites de jardins et cela jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale où ce fut l’apogée des jardins nourriciers ; durant les 30 glorieuses, le tout rendement, le tracteur, les engrais, etc. ont enlevé ce caractère et les dons et legs se sont taris. Cela a été remplacé par la vente de terrains convoités pour résoudre la crise du logement. Les Assemblées Générales successives de l’époque ont approuvé le financement des services rendus par la Fédération par le produit de ces ventes. La Fédération rendait les services que nous attendions d’elle et les cotisations augmentaient peu.

Mais voilà, malgré les efforts de mes prédécesseurs de réduire fortement les dépenses (et il faut ici saluer leur travail), cela n’a pas suffi à remettre la Fédération à flot car justement depuis plus de 4 ans, nous n’avons pas vendu de terrain. L’Assemblée Générale en a pris acte et a suivi la proposition du Conseil d’Administration de faire participer les structures aux financements des services. Un de ces services est justement la pleine propriété de 120 ha environ dont la gestion était confiée aux associations et aux comités locaux et la décision votée par l’AG de rémunérer ces terrains à 5 centimes le m² marque cette volonté de ne plus utiliser la vente du patrimoine qui nous a été confié mais au contraire de lui donner une valeur.

Lourde tâche que d’expliquer la décision de l’Assemblée Générale à des gens qui se posent la question de pourquoi la Fédération. J’espère l’avoir fait de mon mieux, mais l’accueil de Sainte-Foy, l’amitié chaleureuse de ses jardiniers et jardinières, leur joie de me montrer l’état de leur jardin malgré le mauvais temps persistant, m’ont confirmé les raisons de ce pourquoi nous nous battons et quelles sont les valeurs que nous défendons.

Dominique Péteul – Président de la FNJFC

juillet-août 2016

Jardin Familial N°496

Dans ces temps où les terres cultivables deviennent de plus en plus rares, face à l’urbanisation de notre monde (le Grand Paris ira du Havre à Orléans, englobera la métropole de Lille-Roubaix-Tourcoing), face à la raréfaction des terres non polluées, face à l’enjeu toujours plus important de nourrir nos familles de façon saine et en quantité, notre mouvement prend de plus en plus de sens. Toutefois, le sens ne suffit pas. Il nous faut aussi la reconnaissance et la force. Les hommes et les femmes qui animent la FNJFC sont, à leur manière, des pionniers et des éclaireurs et cela depuis que la FNJFC, alors Ligue du Coin de Terre et du Foyer, a créé les jardins ouvriers. Nous sommes quelques-uns à nous battre pour ses valeurs, mais nous devrions être plus nombreux à œuvrer à cette tâche.

L’objet principal de notre fédération a toujours été de créer et maintenir des sites de jardins. Créer, ce n’est déjà pas facile ! Maintenir, c’est plus dur ! C’est là que nous voyons tous les trésors de solidarité et de mutualisation qui ont été et qui sont encore déployés par vous jardiniers et jardinières et surtout par vos responsables de site ! Je tiens à remercier plus particulièrement dans ces quelques lignes (et ce sera peut-être le seul remerciement que récoltera leur action) tous ceux d’entre vous qui donnent de leur temps, de leur compétence et parfois aussi de leur argent pour créer et maintenir nos sites de jardins, les faire vivre en les intégrant dans la vie de nos cités, permettre à nos jardiniers et jardinières de cultiver nos jardins dans la paix et la sérénité.

Je sais combien il leur faut de patience, de persuasion pour animer leur groupe de jardins, monter une opération de travail collectif, organiser une fête, tout ce qui fait que nos jardins sont des lieux de rencontre, de partage et d’amitié.

Je sais aussi combien la Fédération compte sur toutes les bonnes volontés pour tous les services qu’elle rend aux responsables de site d’abord, aux jardiniers ensuite.

Alors ma conclusion est comme un appel : nous avons besoin d’ambassadeurs pour faire le lien et le liant entre nos associations et nos sites de jardins, nous avons besoin de représentants pour rappeler aux pouvoirs publics combien l’existence de nos jardins est importante pour nos cités et notre avenir, nous avons besoin de formateurs pour expliquer comment cultiver son jardin, pour expliquer ce qu’il faut faire quand nous sommes une association, comment gérer son financement et comment éviter ou mener à bien un conflit, nous avons besoin de rédacteurs pour cette revue que vous appréciez.

Alors, n’hésitez pas, et pour plagier John Kennedy : « ne vous demandez pas ce que votre responsable de site aurait dû faire, mais aidez-le à le faire ». Si votre idée aide vos amis jardiniers, elle se réalisera !

Dominique Péteul – Président de la FNJFC

mai-juin 2016

Jardin Familial N°495

Notre Fédération va fêter ses 120 ans et une photographie parue sur le blog de la mairie de Marseille vient très opportunément nous rappeler un des buts principaux de notre action, un des objets de notre association Reconnue d'Utilité Publique.

Que montre cette photo qui a pour légende le futur Boulevard Urbain Sud ? On y voit un parterre idyllique de jardins en mouvement. Oui, à Marseille, il y a la sardine qui bouche le port, et il y a un boulevard urbain qui transporte dans des merveilleux jardins des milliers de marseillais chaque jour sans pollution bien sûr et peut-être même en protégeant l'environnement. C'est un rêve ou une escroquerie intellectuelle !

Vous connaissez bien ce dossier qui vous a été présenté plusieurs fois dans ces colonnes et vous avez pu mesurer l'importance de la conservation de ces jardins historiques, havres de santé depuis plus d'un siècle. Je reprends la suite de mes prédécesseurs pour continuer à défendre la préservation de ce site et vous invite à rejoindre l'action du Comité Local de Mazargues et de tous les autres acteurs en signant la pétition sur Internet.

Des solutions alternatives existent : faire passer le BUS sous les jardins ou, mieux, de dévier de 100 m vers l'intérieur le BUS le long des jardins mais, pour cela, il faut que nous soyons entendus et écoutés. Aussi, signez la pétition et faites-la signer autour de vous ! Il y a urgence à nous mobiliser pour défendre ce bien social dont nous avons hérité.

Dominique Péteul - Président de la FNJFC

mars-avril 2016

Jardin Familial N°494

Chers jardiniers, chères jardinières,

Dans ce numéro, nous mettons beaucoup l’accent sur des personnages qui ont eu et ont, par leur engagement philosophique ou scientifique, une réelle influence sur le monde du jardin. A cet hommage collectif, je propose une modeste contribution qui illustre, je l’espère, cette attitude naturaliste et sage que nous devons avoir.

Que ces quelques lignes, écrites en 2014, évoquent chez vous des instants de bonheur à partager et qu'elles vous invitent à la contemplation de notre environnement si beau et si fragile !

Un printemps précoce

Depuis quelques jours, les merles se répondent dans l’aube douce et humide de la banlieue parisienne. Hier déjà le premier citron à parcouru alerte le jardin de l’Orme Pomponne comme un vaillant annonciateur du printemps. Quelques abeilles laborieuses, le torse chargé de pollen, butinaient les fleurs délicates et bleues des véroniques petit-chêne qui avaient poussé entre les tiges restantes de la moutarde semée, comme engrais vert, après la récolte des pommes de terre. Je m’en suis voulu d’avoir fauché trop tôt toutes ces hampes florales qui auraient pu leur servir de premier en-cas mellifère. Le rouge-gorge familier est venu darder ses perles noires à la recherche de bestioles révélées par le bêchage à grosses mottes de la pelouse que je retourne entre les fruitiers pour y installer en mai courges, courgettes et pâtissons. Ce faisant je me suis étonné de la quantité de fourmilières noires ou rouges que je chamboule et qui, bien qu’engourdies et agglutinées, essaient de préserver leurs œufs. J’espère simplement que ce remue-ménage perturbera leur prolifération et limitera les attaques de pucerons qui à l’accoutumée tordent les jeunes pousses des groseilliers et des pommiers. Je culpabilise aussi sur les perturbations que je provoque chez les vers de terre, mais en délimitant de grosses mottes carrées je réduis un peu les dégâts que ma bêche luisante leur impose. J’ai bien essayé de prendre la ''Grelinette'' mais les entrelacs de racines étaient trop contraignants. Dans le bosquet des chênes centenaires, j’entends l’appel sonore du pic-vert et les martellements entêtés des pics épeiches. Les pies, architectes acrobates des cimes, s’affairent au plus haut d’un grand chêne. ''Nous n’aurons point d’orages estivaux'' aurait dit mon grand père ! Dans une semaine nous tournerons en mars, pas une seule journée de gel de tout l’hiver. ''Février n’aura mordu ni de la tête, ni de la queue'', ce qui aurait surpris et contredit Marcel Lassauzet, ce contremaître des pépinières DELBARD qui durant plusieurs années m’initia à l’arboriculture sur les terrains de MALICORNE et aux dictons agricoles du cœur du bocage bourbonnais.

Tout est donc prêt pour l’explosion vernale, les myrobolans se ponctuent de vert amande et de blanc éclatant, la sève des bouleaux dont j’ai élagué les branches basses pleure et je tète avidement ces larmes ressourçantes que l’osmose racinaire pousse vers le sommet. J’ai eu la bonne intuition de tailler les fuseaux et les gobelets dès le début janvier pour leur éviter cette effusion déshydratante. Ce réchauffement exceptionnel aurait encore contrarié Marcel qui me disait : ''Petit, tailles tôt, tailles tard, rien ne vaut la lune de mars''. Avec un mois d’avance, le printemps s’installe, les terres sont gorgées d’eau, les nappes au plus haut. Quel été aurons-nous ? Quelles pratiques devrons-nous modifier pour rester des jardiniers en liaison avec leur temps ?

Ris Orangis le 25 février 2014

Je ne sais pas si le printemps 2016 sera précoce, mais avec entrain et bonne humeur préparez naturellement votre jardin.

« Fédéralement » vôtre.

Gil Melin – Président de la FNJFC

janvier-février 2016

Jardin Familial N°493

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Au grand dam du comité de rédaction qu’anime Hervé Bonnavaud, je rends mon éditorial souvent au dernier moment. Ceci me permet de coller au plus près de l’actualité de notre Fédération, mais aussi à celle de notre pays.

Encore un fois nous voici en deuil, mais aussi en état d’urgence pour affronter un avenir incertain. Cependant encore une fois je vous demande de faire en sorte que nos jardins soient une solution à la bêtise, à l’aveuglement et à la terreur engendrée. Ouvrons le dialogue au sein de nos sites et de nos associations pour chercher ensemble les lueurs qui doivent détruire l’obscurantisme qui veut noyer nos valeurs sous la haine et nous conduire aux pires cauchemars que l’humanité aurait à vivre.

Mais cet éditorial se doit aussi de vous informer en ce début d’année des changements qui viennent d’avoir lieu à la tête de notre exécutif. En effet, depuis le 1er décembre, Jérôme  CLEMENT, directeur de la fédération et gérant de Sites et jardins, a décidé après 20 ans de  bons et loyaux services quotidiens et de collaborations étroites avec quatre présidents, de se rapprocher de son domicile nantais. Je lui souhaite donc en votre nom à tous plein de réussites dans ces nouvelles fonctions au sein de la fédération de football amateurs des Pays de Loire. Nous lui rendrons hommage lors de notre assemblée générale d’avril prochain qui aura lieu sur ses « terres » en Vendée, à Olonnes sur Mer.

A l’heure du bouclage son remplaçant n’est pas connu, mais le conseil d’administration a fixé trois axes de travail. Je vous les livre les grands titres en avant première :

  • Renforcer le lien avec les sites de jardins et les jardiniers ;
  • Améliorer l’efficacité des services rendus ;
  • Augmenter le nombre de jardins adhérents.

Le détail de ce plan sera publié dans Jard’infos, que chaque responsable reçoit tous les deux mois, maintenant depuis plus d’un an. Ce document informe sur toute l’actualité de notre fédération, n’hésitez pas à demander à vos dirigeants un affichage régulier, car la communication est source d’enrichissement.

Il me reste à vous souhaiter une excellente année 2016, chacun a besoin des autres pour réussir. Serrons nous les coudes pour que la vie soit belle au jardin et dans le monde.

Gil Melin – Président de la FNJFC

novembre-décembre 2015

Jardin Familial N°492

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Notre année civile et citoyenne de 2015 s’achève par deux faits majeurs : d’abord la COP 21 qui doit enfin porter l’espoir d’un changement radical dans nos modes de penser et d’agir pour l’environnement planétaire. Le second concerne les élections régionales qui demain donneront une nouvelle carte, restructurant notre vieux pays si difficile à réformer. Concernant le climat, notre revue, grâce à la perspicacité du comité de rédaction, s’est déjà fait l’écho de ce que nous devions entreprendre dans nos jardins pour que, tel le colibri, nous effectuions notre part de travail. A ce titre, je vous engage à télécharger le document ‘’Les jardiniers se mobilisent pour le climat’’ (voir p. 5) auquel nous avons collaboré dans le cadre du ‘’Pacte pour le Jardin’’.

Pour la régionalisation, il convient que chacun puisse réfléchir et soutenir les opérations que nous avons déjà amorcées autour et avec les responsables de sites. Il est vital pour notre mouvement d’être un partenaire attentif, novateur et responsable, donc reconnu par les Conseils Régionaux dans la gestion des espaces que nous cultivons. Cette réforme va impacter durablement les moyens financiers qui seront alloués à la création et au maintien de nos jardins familiaux et collectifs. Nous devons tout mettre en œuvre pour faire connaître nos principes fondamentaux de gouvernance qui participent à l’organisation économique et sociale, à une échelle humaine, de nos territoires urbains et ruraux. Car, si nos jardins ne constituent pas la seule réponse à la crise mondiale, ils apportent une réponse de proximité.

Cette année encore le monde agricole dont nous sommes si fiers, a été secoué par la mondialisation des marchés, crise du lait d’abord, puis crise de la viande, autant de déchirements dévastateurs qui doivent nous interpeller sur le sens que notre société post-industrielle doit prendre en termes de production et de consommation alimentaire.

Notre activité de jardinier et notre organisation sont des expériences démonstratives que nos responsables politiques et administratifs doivent prendre en compte et soutenir. Economie circulaire et échanges, circuits courts, implications citoyennes environnementales et scientifiques, épanouissement personnel sont autant d’alternatives que nous devons promouvoir.

Au potager, 2015 restera marquée par une chaleur exceptionnelle par sa valeur et sa durée et un déficit en eau remarquable en de nombreuses régions. Ces phénomènes nous ont obligés à mettre en place des techniques de lutte contre l’évaporation et d’économie d’eau, de protection des plants, de choix de variétés et des modifications de calendrier de culture. Notez bien ce qui a fonctionné ! Chacun aura besoin de l’expérience d’autrui pour améliorer ses pratiques dans le futur. Nous en avons débattu lors du séminaire de travail, organisé fin août à Luxembourg dans le cadre de l’Office International, nous en rendrons compte dans un prochain numéro. Quoi qu’il en soit, avec l’hiver qui vient, bichonnons notre sol en lui permettant de reconstruire ses réserves sans excès et de développer son dynamisme biologique, nous en aurons besoin pour la campagne 2016.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous et fasse que 2016 soit meilleure que 2015.

Gil Melin – Président de la FNJFC

septembre-octobre 2015

Jardin Familial N°491

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Chaud, nous avons eu très chaud, et rien de comparable avec ce que nous avions connu en 2003. Une entrée en canicule avec un mois d’avance sur ce que nos ancêtres connaissaient. Car pour eux les fortes chaleurs coïncidaient avec le positionnement de l’étoile Sirius (la plus brillante du ciel) qui, à cette période, se couchait et se levait en même temps que le soleil. Associée à la constellation du chien, canis en latin, la canicule débutait donc le 24 juillet et finissait le 24 aout. Si chez les romains la canicule était redoutée car porteuse de maladies, chez les égyptiens au contraire cette période annonçait la crue du Nil.

Il y avait donc observation de phénomènes qui ne pouvaient être expliqués. Il fallait donc que les dieux interviennent et que l’on construise quelques croyances pour accepter ces malheurs ou ces bienfaits.

Nous savons maintenant décrire et comprendre la complexité des phénomènes météorologiques et climatiques que nous venons de vivre et qui sont dus à l’installation d’un système, fait de deux  masses dépressionnaires et d’un anticyclone stable en altitude qui dirige sur l’Europe l’air chauffé à blanc du Sahara.

L’an passé nous nous plaignions de la fraîcheur et des pluies estivales qui avaient compromis les récoltes en favorisant gastéropodes et maladies cryptogamiques. Cette année, au premier juillet, en Ile de France les pommes de terre étaient déjà fanées avec presque rien au pied !

Nous allons donc devoir faire avec ces bouleversements et trouver des solutions pour adapter nos pratiques de jardiniers. Chacun d’entre nous doit se comporter en expérimentateur et noter toutes ses trouvailles ou ses astuces. Pour cela il nous faut observer et enregistrer tous les signes qui seront pour l’avenir nos repères. Notre Fédération s’est associée à un ensemble de partenaires naturalistes pour étudier et favoriser la biodiversité. Il est donc impératif que chacun d’entre nous soit un observateur perspicace des phénomènes qui nous entourent, à la fois pour se constituer son registre propre, mais aussi pour contribuer aux connaissances communes et tordre le cou aux croyances d’un autre âge. Pour devenir cet observateur aguerri, demandez à vos responsables de site de programmer des formations ''Le potager au naturel'', c’est un très bon moyen d’exercer son œil et d’échanger sur les pratiques.

Pour revenir au climat, nous approchons de la grande conférence qui aura lieu en décembre à Paris. Au nom de la Fédération j’ai collaboré  avec le ''PACTE pour le Jardin'' à un petit ouvrage qui sera disponible tout prochainement et permettra de sensibiliser tous les publics.

Cher lecteur et chère lectrice, soyez tous les acteurs et les ambassadeurs de cette prise de conscience environnementale que d’autres personnages bien plus illustres que moi prônent maintenant. Pour éviter le pire, c’est maintenant que nous devons agir ! Soyez responsables de chacun de vos gestes pour économiser toutes les énergies, trier et recycler tous les déchets, favoriser et protéger toutes les espèces de nos jardins.

Et comme le dit si bien Jean-Marie PELT, que nous avions accueilli lors de notre congrès à Dijon en 2008, « nous devons être les gardiens de nos jardins (puisque ces deux mots sont de même racine) afin de bien jardiner à temps et à contre temps ».

Gil Melin – Président de la FNJFC

juillet-aout 2015

Jardin Familial N°490

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Voici deux mois, s’ouvrait à Milan l’Exposition Universelle dont le thème est ''Nourrir la planète, énergie pour la vie''. Le pavillon de la France fait la part belle à notre agriculture et à notre patrimoine agroalimentaire et agro-industriel. Belle initiative puisqu’il faudra, à l’horizon 2050, nourrir 9 milliards d’êtres humains. Or, dès l’ouverture, une partie de la jeunesse internationale conteste l’expression même de cette démonstration de la technologie en remettant en cause l’organisation économique mondiale. Devons-nous nous interroger sur ce phénomène ? Penser que le nombre d’êtres humains doit forcément croitre ? Accepter de vivre dans des villes inexorablement croissantes ? Comment nourrir ces mégalopoles émergentes qui dans les pays émergés semblent être d’une incroyable violence. Qu'y aura-t-il entre ces mégalopoles ? Des déserts ponctués de méga-fermes détenues par des consortiums planétaires, maîtrisant ainsi l’alimentation des masses ? Quelles énergies seront nécessaires pour acheminer au cœur des villes les denrées alimentaires ? Quelles surfaces seront dédiées dans ces espaces urbains à une production digne de ce nom ?

Dans nos jardins, à notre échelle, nous avons la chance de produire à proximité de nos foyers une nourriture de qualité et de partager un bien-vivre ensemble en respectant hommes et nature en nous calant sur les valeurs universelles de notre république et sur les valeurs environnementales nouvelles. Nous devrons réaffirmer et peaufiner ces valeurs et consolider nos stratégies de développement pour que les aménageurs qui pensent que nos sites de jardins relèvent de la privatisation de l’espace public, revoient leurs jugements arbitraires. En effet, comme ce fut dit lors de notre assemblée générale, nos jardins pourraient être considérés comme des équipements verts et être pris en compte par les collectivités territoriales au même titre que les équipements sportifs ou culturels de nos villes et de nos villages. La comparaison peut paraître surprenante, mais de cette typologie pourrait naître un débat intéressant sur les attitudes à avoir face aux pouvoirs publics. Car qui gère ? Qui entretient ? Qui utilise les stades et équipements ? Quels moyens humains, matériels et financiers sont mis en œuvre ? Pour quelles populations ?

Ces évaluations quantitatives et qualitatives sur les services que nos espaces rendent à la communauté de vie pourraient être un axe de recherche qui viendrait argumenter les décisions stratégiques que nous devons prendre. Il y a quelque urgence, car déjà les communautés urbaines s’organisent, sur Bordeaux, sur Nîmes, Cergy Pontoise, des commissions spécialisées émergent, elles planifient des chartes et des actions qui ressemblent à celles que nous promouvons. Notre organisation territoriale doit donc s’accélérer, car notre antériorité et notre expérience doivent permettre à ces territoires de gagner du temps.

Le jardinage a la pêche ! Pas une semaine sans émission, sans article, dans les rubriques environnement, santé, alimentation ou sociale, de nos médias. Si vous avez pris en compte cet ensemble d’intérêts, n’oubliez pas votre vocation première de producteurs de légumes, de fruits et de fleurs de qualité. Vos savoir-faire patients, précis et variés, vous apparentent à des artistes du végétal qui cisèlent leurs carrés ou leurs planches, qui s’investissent dans leur parcelle dont l’assemblage aux autres construit des mandalas (1) apaisant et ressourçant. Profitez bien de cet été qui j’espère sera moins pluvieux que le précédent pour nous combler de ses bienfaits.

Gil Melin – Président de la FNJFC

(1) Mandala est un terme sanskrit signifiant cercle et, par extension, sphère, environnement, communauté.

mai-juin 2015

Jardin Familial N°489

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Nous voici au terme d’une année où j’ai découvert avec plaisir et exercé au mieux que j’ai pu la direction de notre publication. Avant de poursuivre mes propos je ne peux que féliciter chaleureusement les auteurs et le comité de rédaction qui, quasi journellement, travaille bénévolement à l’élaboration des articles, à leur amélioration technique et littéraire et à l’équilibre général de notre revue pour en respecter la parution. Conçue sans journaliste professionnel, elle colle cependant bien à la réalité de notre temps, par ses reportages, ses monographies végétales, ses techniques horticoles, son calendrier et la vie de vos sites de jardins.

Je vous le demande : osez contribuer à cet outil essentiel à la cohésion de notre Fédération en nous adressant vos articles, vos remarques, vos questions ! Votre avis nous intéresse.

Notre revue est plus qu’un simple média. Elle rend compte des innovations pratiques existantes en matière de jardinage dans vos parcelles et de gouvernance dans nos sites, Elle nous tient en éveil sur les progrès scientifiques des domaines environnementaux et agronomiques. Ainsi, dans les prochains mois, elle reviendra sur ces actions de sciences participatives auxquelles vous aurez contribué, je l’espère, pour faire progresser la science de notre pays. En effet, autour du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), nous allons renouer avec la pratique de ce que furent les Sociétés savantes du 19ième siècle qui contribuèrent, en leur temps, à la meilleure connaissance des richesses géologiques, botaniques et zoologiques des régions françaises. Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de n'impliquer qu’une élite, mais bien le plus grand nombre de jardiniers, pour qu’oiseaux, papillons et pollinisateurs, vers de terre et escargots soient inventoriés au plus juste de la réalité. La fulgurance des moyens informatiques permettra la mise en commun de vos données dont l’analyse favorisera les actions de protection pour conserver une terre du bien vivre.

Dans les mois prochains, nous nous pencherons également sur la qualité de nos sols de jardins, eux aussi réservoirs d’une biodiversité méconnue, mais essentielle pour la bonne croissance et la bonne santé de nos légumes. Influencé par nos pratiques, le sol de chaque parcelle évolue lentement sous l’effet des amendements, (chaux, composts et fumiers), des produits pulvérisés (purins, décoctions et bouillies) dont les particules actives s’accumulent parfois jusqu’à l’excès. Nos jardins sont des jardins nourriciers, nous le revendiquons, mais nous devons veiller à ce que nos productions soient dépourvues de toutes traces de produits nocifs pour notre santé. Notre collaboration avec la recherche là encore nous permettra d’être au contact des préconisations les plus subtiles.

Toutes ces actions peuvent réclamer quelques formations pour que vous puissiez vous sentir plus à l’aise. N’hésitez pas à contacter vos responsables de sites ou votre ambassadeur pour que nous puissions avec les formateurs de ''Sites et Jardins'' organiser, au plus près de chez vous, des journées conviviales de formation.

Depuis plus de quarante ans, au sein du monde associatif ou professionnel, je milite pour le partage du savoir, source de compréhension, d’ouverture d’esprit et de satisfaction personnelle. J’aime reconnaître un insecte, nommer une plante, comprendre le fonctionnement du vivant, pour échanger avec d’autres, lire ceux que je ne pourrai rencontrer, rechercher et comprendre à nouveau et surtout transmettre ces savoirs et ces cheminements.

Voilà un des enjeux que je propose à votre partage, devenons ces jardiniers et jardinières connaisseurs avertis de leur environnement, ouverts aux débats et aux controverses scientifiques qui animent notre temps et que, ce faisant, les obscurantismes de tout poil restent à la porte du jardin.

Gil Melin – Président de la FNJFC

mars-avril 2015

Jardin Familial N°488

Chère Jardinière, cher Jardinier,

Notre pays vient d’être frappé par la sauvagerie d’un temps que nous pensions révolu ou qui ne devait pas nous atteindre. Mais voilà, l’intempérance, la désillusion, la recherche d’un sens simpliste et brutal à des vies fracassées, engendrent des monstres froids prêts à tout et surtout au pire pour exister et véhiculer la haine et la terreur, terreau des dictatures. À tous ces morts,  s’ajoute le symbole visé, celui de la liberté des idées, de l’humour salvateur, de la dérision impertinente, de l’innovation des idées.

Sûr que nous sommes blessés ! Car notre Fédération porte des valeurs humanistes et de partage de cette terre nourricière si souvent malmenée. Je ne renie pas les origines de notre mouvement fédéral, mais celui-ci, au fil des ans, est normalement devenu un lieu d’intégration de toutes les géographies, car notre pays a su accueillir ceux qui étaient menacés chez eux. Nous sommes aussi allés chercher les ouvriers dont notre économie avait besoin. Aujourd’hui dans nos jardins tout ce beau monde partage des graines et des savoirs, des légumes et des coutumes, des joies et des peines, mais aussi des projets qui doivent perdurer coûte que coûte. Car notre modèle de jardin ouvert à tous est observé par tous.

Aujourd’hui, forcément, avec cet éditorial, je suis CHARLIE. Je me souviens de cet esprit frondeur, iconoclaste, paillard et potache, qui, au tournant de 68 a permis à ma génération de se libérer en paroles et en actes. Au-delà des provocations qui devaient choquer, je n’oublierai jamais que ce journal portait en lui les graines de l’écologie, avec Fournier et des énergies renouvelables avec Reiser, de l’antiracisme et de la non-violence avec Cabu et Cavanna. Tout cet ensemble est venu impacter ma culture paysanne, mes interrogations spirituelles et patriotiques, mes intuitions naturalistes, mes inclinaisons sociales et fonder ainsi des valeurs fondamentales de laïcité et d’humanisme qui m’aident à vivre et à être modestement au service de vous tous. Elles me poussent à vous dire combien nous devons tous participer au tissage de liens indéfectibles du tissu social capable de protéger les générations futures.

Cependant la vie continue et, de concert avec notre partenaire GrDF, le 10 avril prochain, veille de notre Assemblée Générale et sur le même site, nous lançons une grande opération nationale qui sera, plus tard, relayée en région.

''Jardinez la biodiversité'' sera le moyen de rendre nos sites de jardins encore plus propices à l’accueil des espèces sauvages.

''Jardinez la Biodiversité'' sera aussi une opportunité pour nous tous de participer à une aventure scientifique collective pour permettre aux organismes de recherche d’enrichir les bases de données sur l’évolution de la faune et de la flore présentes dans nos jardins.

Si vous souhaitez y participer, manifestez-vous nombreux auprès de vos responsables de site, auprès des ambassadeurs ou sur le site de la Fédération.

Gil Melin – Président de la FNJFC

janvier-février 2015

Jardin Familial N°487

Chères jardinières, chers jardiniers,

Après les fêtes, nous voici au cœur de l’hiver, là où le climat nous tient éloignés de nos parcelles, ce qui doit nous permettre de réfléchir et de penser à notre organisation. Maintenant que nos vivaces sont protégées, que le sol se restructure sous l’effet des micro-organismes que nous avons favorisés par nos amendements, nos engrais verts ou le mulch étalé à l’automne, il est temps d’élaborer les plans de culture pour respecter la succession de nos productions ; il est temps de choisir les semences les plus adaptées à notre sol et à notre climat. Il est temps de partir à la recherche des plants, des bulbes et des tubercules les plus résistants aux bio-agresseurs. Car en fin de compte il nous faut être prêts dès les beaux jours en ayant mis toutes les chances de notre côté pour avoir le moins possible à intervenir chimiquement ou mécaniquement.

Il nous faut être de plus en plus vigilants car nous allons devoir nous adapter à la modification climatique qui s’annonce par ces variations météorologiques inhabituelles : pas de gel depuis février 2013 en région parisienne, cinq épisodes cévenols sur le midi de la France au cours de cet automne… Cette modification entraîneégalement l’apparition d’une faune et d’une flore inconnues mais opportunistes. Nous pourrions être fatalistes et dire que nous n’y pouvons rien à notre échelle de simples jardiniers ! Mais bien au contraire, il nous faut nous mobiliser pour participer et militer, afin de lutter contre ce réchauffement climatique. Par nos choix d’espèces, par nos pratiques culturales, par les aménagements paysagers, nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice de cette transition écologique qu’il nous faut construire.

Notre combat pour économiser l’eau, pour limiter les produits phyto-pharmaceutiques et les remplacer par des préparations de substitution doit être poursuivi. Tout comme nous devons réfléchir sur l’utilisation des engins à moteur pour le travail du sol et l’entretien des espaces communautaires. Il n’y a pas de petites économies en la matière : gestion  différenciée des pelouses, traitement en interne des résidus de cultures ou de tontes, pâturage et utilisation de volailles pour recycler les déchets ménagers  sont autant d’exemples expérimentaux que nous devons promouvoir par une action militante et concertée. C’est pourquoi, après nous êtreengagés pour la biodiversité depuis plusieurs années, nous organisons le 11 février, avec notre partenaire GrDF, une grande journée d’échanges et de partage avec les associations spécialisées dans ce domaine afin qu’elles nous aident à devenir des acteurs majeurs et reconnus. C’est avec la même optique que je vais, au sein de Pacte pour le jardin nous engager afin que notre mouvement soit présent lors du rassemblement mondial pour le climat de décembre 2015 à Paris. Parce que notre activité de jardinage nous relie aux éléments fondamentaux qui régissent notre planète, nous avons la chance de les connaître, nous devons en permanence faire des efforts pour mieux les comprendre et promouvoir les actions indispensables à l’amélioration de notre environnement.

Tout est intimement lié, la teneur de votre activité de jardinage et le rôle local de chaque site de jardins tiennent la place de notre Fédération dans la société française. Nous devons être influents pour survivre et nous le serons par la qualité de chaque parcelle, par l’implication des responsables de sites dans l’engagement éco citoyen, par les performances de nos salariés et par la gouvernance éclairée de nos administrateurs. Pour ma part je veillerai dans les mois à venir à vous représenter dans les instances de décisions nationales.

Au seuil de cette nouvelle année, le Conseil d’Administration, le Comité de Rédaction et l’ensemble du personnel se joignent à moi pour vous présenter leurs meilleurs voeux.

Gil Melin – Président de la FNJFC

novembre-décembre 2014

Jardin Familial N°486

Chères jardinières, chers jardiniers,

Le congrès de l’office international a eu lieu à Utrecht fin août (voir article d’ H. Bonnavaud), c’était une première pour moi et visiblement le ton des échanges et la qualité des apports extérieurs me conforte dans les idées suivantes :

La plus évidente c’est que notre Fédération a bien œuvré en s’associant aux équipes de recherche de JASSUR pour la France et de COST et GESOL pour l’Europe. Nous aurons d’ici peu les premières conclusions qui contiendront des recommandations qui seront autant d’atouts pour convaincre les décideurs du bien-fondé de nos démarches de développement et de gestion des jardins familiaux et collectifs. Vous pouvez compter sur mon engagement pour que nous soutenions les projets de jardins sur nos territoires.

La seconde idée que je retiens est celle de la formalisation quasi-générale des multiples fonctions de nos jardins familiaux européens. Certes les cultures, les histoires et les mentalités ne sont pas les mêmes, du cercle polaire à la méditerranée, des rives de l’océan Atlantique à celles du Pacifique, mais tous les pays attestent du rôle multiple que rendent nos jardins aux populations, aux villes et aux territoires. Il sera intéressant, prochainement de comparer ces approches pour nous enrichir de cette diversité pour convaincre.

La troisième idée, rejoint mes lectures estivales  sur le sens que nous pouvons donner à nos sites de jardins qui sont des infimes portions de l’univers mais qui contiennent en germe toutes les lois de celui-ci, comme la molécule d’ADN contient les caractéristiques de chaque individu. En effet, nous sommes porteurs de notre histoire, mais aussi de nos adaptations volontaires ou fortuites qui ont fait notre évolution. Il est convenu de dire que c’est le plus fort, qui en éliminant le plus faible, transmet tout son potentiel aux générations futures. A ce jeu là ne subsisteraient que les lions, les ogres et les multinationales. Mais la finesse, la ruse et l’associativité ne sont elle pas des valeurs plus respectables que l’élimination, la concurrence, la compétition que l’on nous enseigne et qui sont de mise ? Il nous faut donc en permanence mutualiser nos expériences dans tous les compartiments de nos actions, pour puiser dans ce vivier les bons gènes ou les bons génies qui nous permettront de nous adapter aux situations changeantes de notre temps. C’est donc chaque cellule que nous sommes qui doit au sein de son collectif faire l’effort du vivre ensemble, de l’associativité.

Profitons donc de cet hiver pour réfléchir chacun à ce que nous pourrions faire pour améliorer le fonctionnement de notre groupe de jardin en y apportant nos énergies positives et les compétences que nous pouvons partager.

Gil Melin - Président de la FNJFC

JASSUR : Jardins ASSociatifs Urbains - étude interdisciplinaire des fonctions, usages, modes de fonctionnement, avantages ou dangers potentiels qu’induisent les jardins associatifs au sein de villes durables en émergence

COST : COoperation in Science and Technology : programme européen de recherche

GESSOL : GEStion des SOLs (Fonctions environnementales & gestions du patrimoine sol)

septembre-octobre 2014

Jardin Familial N°485

Chères jardinières, chers jardiniers,

Depuis quelque temps nous assistons à un glissement sémantique, venu des sphères médiatiques et technocratiques, qui affecte le concept de Jardin familial que notre histoire porte avec constance depuis plus d’un siècle.

D’aucuns voudraient, à la cantonade, que nous soyons devenus des jardins partagés. Or, ce concept récent est né d’une prise de conscience de populations nord-américaines pour introduire un peu de nature et de lien social afin d’améliorer leur qualité de vie que le stress et l’isolement social avaient affectée grandement. Il ne peut ni ne veut prétendre englober les multiples fonctions que peuvent et doivent rendre les sites de nos jardins familiaux.

Je ne souhaite pas polémiquer autour de cette émergence que je reconnais comme salutaire, mais il m’apparaît nécessaire de mettre en garde les décideurs. Cette nouvelle pratique qui les  enchante, n’est pas la seule et surtout elle ne peut en aucun cas répondre aux besoins de productions nourricières, ni à la sanctuarisation d’espaces productifs près ou dans la ville,ni  à la conservation de biotopes agro écologiques, bref, à la nécessité de sols dédiés et qui revendiquent d’être voués à une réelle agriculture urbaine sur des surfaces conséquentes et protégées par  les articles L.561-1 et suivants du code rural. Nous entendons également cet argument que les jardins familiaux seraient une privatisation de l’espace public, réservés à quelques ''privilégiés'' et qui devraient en avoir une jouissance limitée dans le temps : on parle de trois ans par ici, de cinq ans renouvelables par là. Nous savons bien que l’attachement à une parcelle de jardin renvoie au plus profond désir de notre être de disposer d’un espace vital et que cette relation conduit au respect des règles et  à l’acceptation de contraintes environnementales et sociales. Qu’adviendrait-il si l’on devait arbitrairement laisser son appartement après une brève occupation ? Aurions-nous la volonté d’en améliorer le confort, voire même d’en respecter la structure ? Cette idée de partage apparemment altruiste provoquerait une déresponsabilisation individuelle et collective.

Cependant cette requête doit nous interpeller pour que nos sites de jardins remplissent auprès des populations de nos agglomérations l’ensemble des fonctions potentielles qu’ils portent en eux. Ainsi nos édiles territoriaux reconnaîtront qu’ils doivent porter leur politique vers la création, l’aménagement ou le développement de structures capables de répondre durablement aux besoins des familles qui sont les plus concernées par la crise ou par la recherche d’une solution responsable à leur alimentation quotidienne.

Toute nouveauté est naturellement attrayant, et il se pourrait bien que les jardins, non pas suspendus, mais sur les toits tout de même, supplantent dans les médias les jardins partagés.

Une mode chassant l’autre !

Déjà on nous demande de nous associer à des projets de ces ''jardins de haut vol''. Notre bureau d’études, Sites et Jardins, y apporte une vigilance constructive en utilisant les résultats des expérimentations sur les sols en ''lasagne'' que mène notre partenaire Agroparitech. Nous capitaliserons prochainement aussi sur le mode de gestion de ces jardins si particuliers.

Je ne suis pas certain que les toits soient une réponse agro écologique aux enjeux alimentaires de demain. Il se pourrait bien qu’ils ne soient qu’un épiphénomène révélateur des inquiétudes environnementales de nos compatriotes.

Mais à l’heure où les municipalités, renouvelées ou non, renégocient leurs conventions avec les responsables de jardins, ceux-ci doivent savoir que nous sommes à leur côté pour les épauler et que les futurs ambassadeurs des jardins familiaux seront au plus près d’eux pour les soutenir dans leurs évolutions nécessaires et vitales.

En espérant que vos récoltes automnales se poursuivent au-delà du solstice, je vous souhaite de bien belles conserves.

Gil Melin - Président de la FNJFC

juillet-août 2014

Jardin Familial N°484

Chères jardinières, chers jardiniers,

Voici donc l’été et ses promesses de récoltes au sein de nos enclos potagers où chacun a pu apporter toute son attention pour observer, déduire et agir en conséquence pour que ses espoirs de cueillette ne soient pas vains tout en respectant notre charte sur l’environnement.

Notre Fédération vient de clore son Assemblée Générale et son Congrès à Gradignan, avec en ouverture un Colloque sur le thème «De friches en Jardins ». J’ai animé quelques jours plus tard pour un groupement aquitain une journée d’échanges sur les jardins collectifs. N’étant pas devin, je ne peux donc prétendre écrire sur ce qui va ressortir de ces temps de rencontre et d’échanges, le prochain numéro de notre revue s’en fera forcément l’écho fidèle. Cependant je voudrais préciser deux points qui me paraissent essentiels.

Le premier concerne notre Fédération que j’ose comparer à une parcelle de jardin dans laquelle nous investissons nos énergies, nous projetons nos envies, nous recherchons les meilleures alliances et effectuons les choix que nous prétendons judicieux. Nous sortons d’une période de trois ans d’intempéries, où des collaborateurs nous ont malheureusement quitté et d’autre ont failli, fragilisant notre fonctionnement en chargeant la barque de ceux qui sont restés et des bénévoles qui ont assuré l’essentiel. Malgré des recrutements récents tout n’est pas encore rentré dans l’ordre : difficultés de contact, non réception de votre revue, retard dans les remboursements des assurances sont encore des événements trop fréquents, mais le plus dur est en voie d’achèvement ; nous allons enfin retrouver une situation financière fiable et donc nous allons pouvoir gérer notre Fédération en disposant d’outils et de données sincères. C’est un travail de l’ombre mais fondamental et je remercie toutes celles et ceux qui ont permis ce retour à la clarté. Comme je m’y suis engagé nous vous devons la transparence sur notre gouvernance et notre considération pour les tentatives respectueuses de nos valeurs que vous souhaiterez mettre en place dans vos structures. Ainsi le Comité Local de DIJON, qui va se transformer en trois associations qui prendront leur envol simultanément à l’automne prochain, est un exemple de ce travail patient, parfois douloureux, mais d’où les hommes et les femmes de bonne volonté ressortent grandis et fiers d’avoir accompli leur tâche. Un autre chantier est en cours, il concerne la bonne ville de Tourcoing, qui abrite notre plus grande association, plus de 1100 jardiniers et, où, malgré les on-dit, les déclarations et les agissements intempestifs de certains agitateurs nous sortirons par le droit et le haut pour une nécessaire évolution vers une gouvernance moderne de nos associations dans un esprit respectueux de la citoyenneté.

Le jardinage doit nous enseigner la sagesse comme l’humble graine possède en elle la puissance et la force nourricière. Ceci rejoint le deuxième point que je voulais préciser, l’actualité nous montre que la société attend de nous des réponses face aux difficultés alimentaires et environnementales. Que nous soyons, jardiniers, administrateurs ou salariés, nous avons des savoir-faire inestimables et reconnus par nos partenaires et certains décideurs et nous devons œuvrer dans ce sens. Dans le prochain numéro je pense être en mesure de vous présenter une organisation territoriale qui devrait faciliter notre présence auprès des responsables et des gestionnaires, pour que notre association puisse se développer pour le bonheur de tous.

En conclusion, je voudrais remercier Michèle Roncin pour le travail accompli au sein des jardins franciliens pendant 35 années de labeur et Mamy Raharijaona qui, pour des raisons de santé, souhaite mettre fin à son contrat.

Gil Melin - Président de la FNJFC

mai-juin 2014

Jardin Familial N°483

Chères jardinières, chers jardiniers,

En espérant que le printemps soit au rendez-vous comme un heureux présage, vous allez donc découvrir le premier éditorial qui me soit donné de rédiger. En effet, avec la lourde tâche de présider aux destinées de notre Fédération, me revient le devoir d’animer cette tribune que vingt mille familles vont découvrir. J’ai assuré pendant quelques années le poste de secrétaire général et comme nous en étions convenus avec Hervé BONNAVAUD, qui a très largement mérité de notre mouvement en faisant évoluer et la fédération et la revue, je reprends donc le manche que l’abbé LEMIRE a tourné en d’autres temps et que je transmettrai au suivant. Je vais, au cours de ce relais, apporter le meilleur de moi-même en animant un bureau et un conseil d’administration que nous avons su diversifier et enrichir de compétences nouvelles et complémentaires. Vous trouverez dans ce numéro leur présentation et les grands axes d’orientations que j’ai soumis à leur approbation avant mon élection.

Jardin Familial de France est un lien fondamental entre nous tous car ses rubriques apportent à la fois la réflexion, le savoir, la pratique et la reconnaissance pour tous ceux qui œuvrent au développement du jardinage. C’est aussi la vitrine de nos actions, dédiée à nos partenaires et à nos soutiens tels que GrDF, Truffaut... En tant que directeur de la publication, je voudrais remercier le comité de rédaction bénévole qui, chaque bimestre, œuvre à sa réalisation, mais il a aussi besoin d’être encouragé. N’hésitez donc pas à l’interpeller, n’hésitez pas à vous investir ou à proposer des thèmes via notre site internet ou par courrier si les arcanes de l’informatique vous sont encore hermétiques.

Nous aurons, au cours des années à venir, à accompagner l’évolution de notre société urbaine qui s’interroge sur les moyens de son approvisionnement en nourriture saine, équilibrée et peu coûteuse en énergie. Nous avons des éléments de réponse à faire valoir auprès des décideurs territoriaux qui viennent d’être élus. Nous avons des pratiques et des savoir-faire à partager avec les promoteurs de jardins. Pour cela nous devons nous structurer pour être en capacité de répondre localement à ceux qui se questionnent et pour cela nous avons certes une légitimité historique mais également une crédibilité assise sur nos diversités géographiques, associatives et fonctionnelles. Les programmes de recherche dans lesquels nous sommes investis vont renforcer cette crédibilité, mais aussi nous apporter des fruits nouveaux dont nous pourrons nous abreuver pour innover dans nos sites de jardins. Pierre RABHI (1) pense que le jardinage est révolutionnaire. Nous n’allons renverser ni les trônes ni des rois, mais nous allons participer à cette révolution du « faire ici et ensemble » qui est nécessaire pour équilibrer la civilisation électronique du «dire partout et tout de suite ».

Je souhaite que vous soyez fiers d’appartenir à ce vaste réseau, qu’avec les salariés, nous nous sommes engagés à développer. Je souhaite que vous puissiez continuer à attendre avec impatience la livraison de notre revue. Je vous souhaite également une excellente saison de cueillettes et de récoltes.

Gil Melin

(1) Pierre Rabhi : jardinier, formateur, écrivain, philosophe, agriculteur biologiste, créateur du mouvement des "Colibris"

mars-avril 2014

Jardin Familial N°482

Chères amies jardinières, chers amis jardiniers,

Ceci est mon dernier éditorial. En effet, mon mandat de Président est arrivé à son terme. J’assume cette exaltante, mais parfois lourde responsabilité depuis octobre 2005 et il est temps de laisser la place à quelqu’un de plus jeune qui sera à même de poursuivre l’oeuvre de modernisation de notre Fédération que mon prédécesseur, Bruno Rajaud avait amorcée il y a 15 ans.

Tout ce que nous avons entrepris n’a pas totalement réussi car il est difficile de réformer une telle structure créée en 1896 par ce prêtre visionnaire que fut l’abbé Jules Lemire. Mais bien des changements sont intervenus qui permettent aujourd’hui à notre Fédération d’être reconnue et invitée par les ministères. Nous avons nombre de partenaires qui, pour certains sont venus spontanément à nous. Ceci est le signe indiscutable du redressement de notre image. Nos jardins ont changé d’aspect : nous avons initié de nouvelles formes de jardins qui ont un grand succès et qui sont mieux adaptées aux jardiniers et à l’environnement actuels.

Les pratiques de jardinage ont évolué grâce à notre Charte Jardinage et Environnement et aux formations mises en place à l’automne 2011. Elles rencontrent un succès tel que des jardiniers n’appartenant pas à notre mouvement nous demandent d’en bénéficier.

Il reste encore beaucoup à faire et notamment dans le domaine de la gouvernance. Ce chantier, entamé fin 2012, doit être poursuivi. Ce sera l’une des tâches prioritaires de mon successeur et de son équipe car les collectivités locales et nos propres jardiniers nous font souvent remonter des critiques quant à notre fonctionnement et la façon dont nos adhérents sont associés à la gestion de leurs sites de jardins. Dans notre société, il y a une forte demande de transparence et de démocratie à laquelle ne peuvent échapper nos structures de jardins familiaux.

Il existe aussi une nécessité de renouvellement, de rajeunissement des équipes dirigeantes. La Fédération a mis cette exigence en application dès 2005, à l’occasion de la réforme de ses statuts, en instaurant un âge limite de 75 ans pour être administrateur. Au cours de la dernière décennie, nous nous sommes efforcés de recruter des administrateurs plus jeunes. En 2013 nous avons élu 6 femmes au Conseil d’Administration, portant ainsi leur nombre à 7 sur 22 administrateurs en exercice à ce jour. Il s’agit là d’un début.

Nous avons aussi bien commencé la réforme de la gestion des Jardins Franciliens début 2013 pour mettre fin à un mode d’administration paternaliste devenu obsolète au fil du temps.

Je m’étais fixé comme objectif de ne rester en fonction que le temps nécessaire à une certaine continuité dans l’action et, dès 2006, je me suis efforcé de renouveler et d’élargir le Conseil et de former des administrateurs susceptibles de venir aux responsabilités le moment venu.

Ce message s’adresse à tous les responsables d’associations et de comités locaux : si vous souhaitez la réussite et la pérennité de vos jardins — et je suis certain que tel est votre voeu le plus cher — vous devez suivre cette voie.

Permettez-moi un dernier mot : nous sommes maintenant impliqués dans 3 programmes de recherche, au niveau national et international. Certains d’entre vous vont très prochainement être contactés par des chercheurs. Je vous invite vivement à bien les accueillir et leur fournir toutes les informations souhaitées. Leurs travaux nous seront très utiles pour assurer l’avenir de nos jardins.

Sans abandonner notre Fédération qui me tient tant à cœur, je vais pouvoir me consacrer davantage à mes autres passe-temps favoris que sont le jardinage et la pêche que j'avais dû délaisser pour me consacrer à plein temps à la FNJFC.

Hervé Bonnavaud

NB : découvrez la composition du nouveau Bureau sur notre site  : rubrique La Fédération / L'équipe / Les dirigeants

janvier-février 2014

Jardin Familial N°481

Chères amies jardinières, chers amis jardiniers,


Ce numéro qui commence la nouvelle année a changé d'aspect. C'est le résultat de plusieurs mois de réflexion en parallèle de l'enquête de satisfaction qui a été lancée en septembre.Vous en trouverez l'analyse en page 10. Les attentes de nos lecteurs sont diverses et multiples et le nombre de pages dont nous disposons actuellement ne nous permet pas d'y répondre de façon satisfaisante. Toutefois, nous disposons d'un nouvel outil de communication, facile d'accès, beaucoup plus souple que la revue Jardin Familial de France et sur lequel nous pouvons déposer une foule de documents complémentaires.


Je veux parler de notre site Internet qui a fait peau neuve il y a deux mois. Il est déjà très visité. C'est le gage de son succès. Outre la partie ouverte au grand public (Internet) qui est d'une grande richesse, vous disposez d'une partie Intranet réservée aux seuls adhérents de la FNJFC. Vous y avez accès au moyen d'un code qui figure sur l'enveloppe de votre revue. Les codes d'accès individuels seront communiqués aux responsables des associations et comités locaux qui ont des abonnements groupés.


Cette partie de notre site s'enrichit de jour en jour afin de toujours mieux vous informer. N'hésitez pas à l'utiliser.
Au cours de l'année 2013 et grâce aux compétences de Muriel Gagey, notre chargée de communication, aux financements de GrDF, du GNIS et du Crédit Mutuel et au soutien de généreux donateurs parmi nos adhérents, nous avons réalisé un clip de 4 mn 30 et un film de 10 mn 50 qui présentent nos savoir-faire, nos réalisations les plus récentes, les plus innovantes, ainsi que des témoignages d'élus et de responsables HLM. Ces deux films,qui ont été présentés au Salon des Maires du 19 au 21 novembre sont, aux dires de tous, de formidables outils de promotion des Jardins. Ces films sont visibles sur le site Internet.


Avant de terminer cette année 2013 riche en évènements, en difficultés, mais aussi, et c'est cela qu'il faut retenir, en innovations, en progrès, je voudrais remercier ici tous ceux et toutes celles qui nous ont aidés et soutenus ou qui ont mis leurs compétences au service de notre Fédération qui dispose maintenant d'outils modernes pour affronter l'avenir avec espoir et détermination.


Les Jardins Familiaux continuent d'évoluer, de s'adapter aux besoins de nos jardiniers, à l'offre de nos différents partenaires. Nous sommes aujourd'hui sollicités pour réaliser des parcelles de jardin sur des toits terrasses dans la région de Nantes, sur les toits de Disneyland et, en Provence, des jardins traditionnels sous des fermes solaires constituées de plusieurs hectares de panneaux photovoltaïques.
Nous devons tous nous réjouir de ces innovations qui vont nous replacer à la une de l'actualité comme c'était le cas à l'époque de l'abbé Lemire, lorsque les Jardins Ouvriers étaient visités par le Président Raymond Poincaré par exemple.


Je tiens à remercier ici tous les membres du Comité de Rédaction qui ont beaucoup contribué à l'amélioration du contenu de cette revue et tous les partenaires qui soutiennent matériellement et financièrement nos projets, nos associations et comités locaux.


2013 se termine et une nouvelle année commence. C'est le moment de vous souhaiter à toutes et à tous, fidèles lecteurs de Jardin Familial de France, une bonne et heureuse année 2014. Mes voeux s'adressent aussi à vos familles et à tous ceux qui vous sont chers.


Hervé Bonnavaud - Président de la FNJFC